Hamburger Anzeiger - Le Hamas étudie une proposition de trêve à Gaza

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Le Hamas étudie une proposition de trêve à Gaza

Le Hamas étudie une proposition de trêve à Gaza

Les bombardements et les combats entre l'armée israélienne et le Hamas ont fait des dizaines de morts en 24 heures dans la bande de Gaza, où le mouvement islamiste palestinien a dit mardi examiner une proposition d'accord de trêve avec Israël.

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Face aux risques d'extension du conflit, le président américain Joe Biden a assuré mardi qu'il ne "cherchait pas" une "guerre plus étendue au Moyen-Orient".

Les craintes d'un embrasement ont ressurgi après une frappe de drone, attribuée à des combattants pro-Iran, qui a tué trois militaires américains dimanche en Jordanie, près de la frontière syrienne.

La guerre à Gaza attise aussi les violences en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, où un commando des forces israéliennes a tué mardi à Jénine trois Palestiniens présentés comme des "terroristes".

Selon des sources palestiniennes, ils ont été "abattus" dans un hôpital par des soldats déguisés en soignants, portant des armes équipées de silencieux.

Dans la bande de Gaza, le ministère de la Santé du Hamas a annoncé mardi la mort de 128 personnes, dont des dizaines à Khan Younès, la grande ville du sud du territoire devenue l'épicentre de la guerre déclenchée le 7 octobre par l'attaque sanglante du mouvement islamiste contre Israël.

Selon l'armée israélienne, les combats font rage "dans l'ouest" de cette ville à présent très largement détruite qu'Israël considère comme une place forte du Hamas, où "des terroristes ont été éliminés et d'importantes quantités d'armes trouvées".

Le Jihad islamique, un autre groupe armé palestinien, a dit combattre l'armée près de la ville de Gaza, dans le nord, et près de Khan Younès.

- Le Hamas prépare sa réponse -

Après bientôt quatre mois de guerre, le chef en exil du Hamas, Ismaïl Haniyeh, installé au Qatar, a affirmé mardi que son mouvement avait reçu une proposition de trêve avec Israël, résultat d'une réunion à Paris entre le directeur de la CIA, William Burns, et des responsables égyptiens, israéliens et qataris.

"Le Hamas examine la proposition qui a circulé lors de la réunion" de Paris et prépare sa réponse, selon un communiqué à Gaza du mouvement, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël.

Le Premier ministre du Qatar, Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, dont le pays est le principal médiateur dans ce conflit, avait annoncé lundi qu'un cadre pour une trêve accompagnée de nouvelles libérations d'otages serait transmis au Hamas, faisant état de "progrès notables" à la réunion à Paris.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a cependant affirmé mardi qu'Israël ne "retirerait pas l'armée de la bande de Gaza" et ne libèrerait pas "des milliers de terroristes" palestiniens, en échange d'otages.

La guerre a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien, qui a fait environ 1.140 morts, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de chiffres officiels israéliens.

Quelque 250 personnes ont été enlevées et emmenées dans la bande de Gaza, dont une centaine ont été libérées fin novembre à la faveur d'une trêve, en échange de prisonniers palestiniens. Selon les autorités israéliennes, 132 otages restent détenus à Gaza, dont 28 présumés morts.

En riposte, Israël a juré d'"anéantir" le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, et lancé une vaste opération militaire qui a fait 26.751 morts, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du mouvement palestinien.

- Réunion à l'ONU -

Dans le territoire assiégé par Israël, en proie à une crise humanitaire majeure, des quartiers entiers ont été détruits par les bombardements qui ont poussé 1,7 million de Palestiniens, selon l'ONU, sur un total de 2,4 millions d'habitants, à fuir leur foyer.

La plupart se sont dirigés vers le sud à mesure que les combats s'étendaient. Plus d'1,3 million de déplacés, selon l'ONU, s'entassent à présent à quelques km au sud de Khan Younès, à Rafah, piégés contre la frontière fermée avec l'Egypte.

Les opérations d'aide aux civils de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) sont à présent menacées après qu'Israël a accusé 12 de ses 30.000 employés régionaux d'implication dans l'attaque du 7 octobre.

Douze pays ont annoncé la suspension de leur aide à l'Unrwa. Une réunion des principaux donateurs est prévue mardi à New York à l'initiative du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, pour tenter de maintenir le financement de l'organisation.

"Sans ce financement, les perspectives pour l'Unrwa et les millions de gens qu'elle aide sont très sombres", a dit le porte-parole de M. Guterres. L'Unrwa a licencié la plupart des salariés concernés et promis une enquête.

Cette polémique, "aussi importante soit-elle, détourne l'attention des près de 27.000 morts, dont 70% de femmes et d'enfants" à Gaza, a déploré un porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Christian Lindmeier, à Genève.

"Cela détourne l'attention du fait qu'une population entière est empêchée d'avoir accès à l'eau potable, à la nourriture, à des abris", et "est soumise à un bombardement continu", a-t-il insisté.

F.Fischer--HHA